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Installés le long de la Saône à Lyon,
les chais Beaucairois construits
en 1880 faisaient partie dun vaste
ensemble industriel établi entre
le fleuve et la voie ferrée dans le
quartier industriel de Vaise près
de Lyon. Ils étaient destinés à lorigine
à une fabrique de balances,
la société Falcot, Meyret et Cie.
Déjà installée sur le site en 1875,
elle reconstruit rapidement ses
locaux sur les plans de larchitecte
Henri Feuga. La société ferme ses
portes en 1932 et le site est repris
en 1934 par la société Guichard-Perrachon-Casino qui le transforme
en usine dembouteillage
de vins et deaux minérales.
Les chais se distinguent par une
charpente très originale mixte en
bois et acier. Une double nef composée
de fermes cintrées se développe
entre les murs latéraux en
pierre. Elle repose dans sa partie
médiane sur une poutrelle en treillis
en fer riveté portée par une rangée
centrale de colonnes en fonte.
Chaque ferme de 22,5 m de portée
est formée dun arc en bois
composé de cinq épaisseurs de
planches qui porte une toiture à
deux pans par lintermédiaire de
petits éléments en bois. La poussée
de larc est reprise par des
tirants en fer forgé suspendus aux
fermes par des tiges obliques.
Cette disposition permet déviter
des contreforts latéraux. Léclairage est assuré
par de grandes
fenêtres thermales en pignon, par
des fenêtres latérales et par des
lanterneaux ventilés ménagés dans
la toiture. Les eaux pluviales sont
reprises dans laxe central par les
colonnes creuses. Lusage de fermes
en assemblages de planches
courbées remonte à Philibert Delorme
mais avait été réactivé à la
fin du XVIIIe siècle (charpente de
la Halle au Drap à Paris) et de nouveau
par lingénieur Antoine-Rémy
Polonceau, en association avec
des tubes en fonte (pont du Carrousel
à Paris en 1834). Il permettait
léconomie de grosses
pièces de bois mais cette technique
est restée assez rarement
utilisée jusquà lavènement des
charpentes modernes en bois
lamellé collé à partir des années
1960. La façade, les toitures et les
charpentes sont depuis 2003 inscrites
à linventaire supplémentaire
des monuments historiques.
Un projet de nouveau complexe
tourné vers le cinéma a investi le
site en sappuyant intelligemment
sur les nefs existantes pour structurer
le projet. Cet ensemble sadosse
à un nouveau parking à
étages qui fait écran côté voies
ferrées. Il comprend un multiplexe
avec salles de cinéma, des espaces
de jeux et une Cité du jeu vidéo,
en synergie avec les implantations
adjacentes de Pathé et dInfogrammes.
Les deux nefs principales ont été
débarrassées de lappendice rajouté
au fil des ans pour retrouver
leur intégrité. Les belles charpentes
des halles ont été laissées
apparentes sinon à quoi bon les
conserver? en conservant le bâtiment
à rez-de-chaussée et mises
en valeur. Le double volume ainsi
dégagé est mis à profit pour installer
le hall daccueil du cinéma
ainsi que les surfaces dexposition,
de jeu, de réception et de restauration,
et quatre petites salles
de projection. Les pignons remis
en lumière comme des lanternes
magiques forment un appel sur
les espaces publics extérieurs.
Les nouveaux bâtiments des dix
autres salles de cinéma disposées
de part et dautre des nefs utilisent
également lacier en structure
et en parement, pour exprimer
le caractère éphémère et réversible
des nouvelles constructions
face à la permanence du patrimoine<
qui lui survivra.
B. L.
Maître douvrage : Europalace / Architectes
: Sud Architectes (chef de projet : P. Bowdler avec L. Guella) / Architecte
intérieur : Naço / BET structure : RBS / Entreprise
construction métallique : Brisard Dampierre / Étanchéité:
Smac
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